Masse salariale de l’État : des ambitions revues à la baisse

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Budget après budget, le gouvernement revoit ses ambitions en matière de suppressions de postes.

47… C’est le nombre de postes que l’État affirme supprimer en 2020. En réalité, ce seront surtout les agences (opérateurs) de l’État qui supprimeront des postes (-239) tandis que l’État, lui, augmentera ses effectifs de 192 postes. Seuls les ministères des Comptes publics et de l’Environnement baisseront de manière significative leurs effectifs, avec respectivement -1653 équivalents temps plein pour le premier et -797 pour le second. Des réductions compensées par des hausses dans les ministères régaliens que sont l’Intérieur, la Justice et la Défense.

Ce qui nous mène à un décompte total du nombre d’agents de l’État, en plafond d’emplois, à 1.950.428 en 2020 quand il était de 1.945.147 en 2017… Autant dire que la baisse ne saute pas aux yeux puisque l’État comptera, en 2020, 5000 agents de plus qu’en 2017.

Le budget 2020 affiche (comme en 2018 et en 2019) même une dérive des dépenses de personnel de l’État de 2 milliards d’euros, les dépenses de personnel passant de 132,9 milliards d’euros en 2019 à 134,9 milliards d’euros en 2020, soit une croissance de 1,6%. Hors contribution au compte d’affectation spécial relatif aux pensions des fonctionnaires, la masse salariale (rémunération d’activité et cotisations diverses) augmentera en 2020 de 1,4 milliard d’euros, passant de 89,3 à 90,8 milliards.

Des ambitions réduites

Attention, ces chiffres s’entendent hors opérateurs de l’État – qui comptent 402.000 agents en plus de ceux de l’État – et pour lesquels les données 2020 ne sont pas encore disponibles.

Pourtant, le gouvernement s’était engagé à supprimer 50.000 postes au niveau de l’État sur le quinquennat. Objectif réduit à -15.000 postes puis à -10.500 postes lors du présent budget 2020. Il semble que l’objectif de réaliser 4 milliards d’économies sur la masse salariale publique en supprimant 120.000 postes entre État et collectivités locales a été tout à fait oublié.

Il est vrai que les mesures catégorielles portées par le précédent gouvernement, PPCR (Parcours professionnels, carrières, rémunérations) et RIFSEEP (Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel), dont la Cour des comptes avait évalué le coût à 4,5 milliards d’euros par an en année pleine, accentuent d’année en année la dérive.

Globalement, la croissance des primes pèse beaucoup dans la balance de l’augmentation des dépenses de personnel de l’État avec 910 millions d’euros. Quant aux mesures «atypiques» de type heures supplémentaires, primes exceptionnelles et indemnisation des jours de compte épargne-temps, elles chiffrent pour leur part à 550 millions d’euros. À noter: c’est la mission enseignement qui voit sa masse salariale augmenter le plus, avec plus de 900 millions d’euros sur un an (primes des professeurs notamment).

La stagnation du nombre d’agents comme l’augmentation inexorable de la masse salariale nous mènent en 2020 bien loin de promesses gouvernementales initiales.

 

Par Fondation Ifrap

 

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