Projet de loi « pour une école de la confiance » : retour sur les points importants de la réforme

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Instruction obligatoire dès 3 ans, refonte de l’évaluation, rôle étoffé des surveillants… Ce projet de loi « pour une école de la confiance » porté par Jean-Michel Blanquer, entend répondre à deux enjeux : « élever le niveau général des élèves » et promouvoir « la justice sociale ». Voici les principaux points du projet de loi :

A l’école dès 3 ans
La scolarisation obligatoire à l’âge de trois ans est la mesure phare, une mesure simple à mettre en œuvre vu que 99% des 3-6 ans vont déjà à l’école en métropole, l’enjeu est donc essentiellement pour l’outre-mer, à Mayotte par exemple où seuls 70 % des moins de 6 ans sont scolarisés.

Mieux former les enseignants
Le projet de loi prévoit également une meilleure formation des enseignants avec la création des instituts nationaux supérieurs du professorat Ils devraient améliorer le contenu des enseignements pour mieux répondre aux exigences du métier. D’autre part, les assistants d’éducation (surveillants) qui préparent les concours au métier d’enseignant pourront désormais être recrutés pendant trois ans, contre une année aujourd’hui, et se voir progressivement confier des cours.

Souplesse des expérimentations
Les collèges qui le souhaitent auront davantage de souplesse pour des expérimentations, notamment sur l’organisation de la journée. L’idée : concentrer les matières classiques le matin et dédier les après-midi au sport et à la culture, à l’image de ce qui se fait au Royaume-Uni ou en Allemagne. Les établissements volontaires pourront se lancer dès la rentrée, mais les parents ou les élèves inquiets pourront toujours demander une dérogation.

Création d’un nouvel organisme d’évaluation des politiques éducatives
Par ailleurs, la loi prévoit également la mise en place d’un conseil d’évaluation de l’école qui a pour objectif principal d’évaluer les établissements scolaires. Jean-Michel Blanquer, pour qui l’évaluation scientifique est une clé du progrès dans les politiques menées, notamment en éducation, y voit un signe de «modernité». Des syndicats ont critiqué le « manque d’indépendance » du nouvel organisme en pointant sa composition. Sur quatorze membres, dix seront des représentants du ministre ou choisis par lui.

Des barrières moins étanches entre primaire et collège
Autre piste envisagée, le ministre de l’Education nationale veut abattre le mur entre primaire et collège pour faciliter le suivi et le parcours des élèves du CP à la troisième. A l’image de ce qui se fait déjà dans certaines régions, un collège pourrait ainsi s’associer avec une ou plusieurs écoles primaires dans une même entité.

D’un point de vue matériel, cela se traduirait par un partage des locaux ou des installations sportives. Au niveau pédagogique, des enseignants du collège pourraient donner des cours en primaire, par exemple en langues.

L’exemplarité des professeurs
Enfin, l’article 1er du projet de loi rappelle le devoir « d’exemplarité » des professeurs vis-à-vis de l’institution. C’est une façon de leur rappeler leur devoir de réserve. Pour les enseignants cette mesure est vue comme un bâillon.

Le projet de loi dans son ensemble est d’ailleurs loin de faire l’unanimité, déjà plus de 1 000 amendements ont été déposés.

 

Article publié par Laurence Théault, RFI, 12/02/2019

 

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